3 enfants en moins de 2 ans, comment ruiner sa confiance en soi.

Je me souviens à quel point j’ai paniqué quand j’ai vu les deux petits cachous à l’écran qui m’annonçait des jumeaux. Je me souviens à quel point j’ai paniqué quand on m’a dit, madame, votre fils est handicapé, ce sera toujours difficile. Je me souviens à quel point j’ai paniqué quand papa est retourné travailler après qu’on ait séparé notre congé en deux. Le nombre 3 ne me faisait pas peur, DANS la maison. J’avais l’habitude de partir marcher avec bébé dans sa poussette ou dans le porte-bébé avec la grande de papa qui suivait. Depuis que j’ai 19 ans, depuis que je suis devenue belle-mère, je dirais que 90 % du temps de ma vie au moins un enfant m’accompagne partout où je vais. Même dans mon travail je suis avec des enfants. Les enfants ne me faisaient pas peur, ni pour les occuper, ni pour gérer leur horaire ou les conflits entre-eux. Et puis là, les miens ont grandi.

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Mon plus vieux était souvent incontrôlable, faisait et fait encore beaucoup de crises même à 4 ans et demi. Il a une grande immaturité émotionnelle et je sais qu’il ne fait pas exprès. C’est dur à gérer en public. Les jumeaux ont 3 ans et des poussières. #ouaisilssontproches! Ils sont curieux, aiment faire des niaiseries avec leur grand frère, pour le petit frère du moins; la petite sœur elle, aime mieux les stooler. Quand ils décident qu’ils courent partout, se cachent, etc., je panique. Dans un centre d’achat, à l’épicerie, dans un parc pour ne nommer que ces exemples-là, c’est pas toujours évident. En étant stressée moi-même d’avance, j’ai décidé que toute seule, je n’allais plus nulle part avec eux. On allait voir mamie une fois de temps en temps, mais sinon, rien. Et ça, ça me rendait vraiment malheureuse.

Je n’ai pas vraiment besoin de temps à moi seule. Sans chum, sans enfants. Ce n’est pas une nécessité dans mon cas. Je ne juge absolument pas les mères pour qui ça l’est. J’aime être accompagnée, je parle beaucoup, j’aime partager ce que je vois ou mange avec des gens. Alors imaginez-vous que cloîtrée dans ma maison si papa n’est pas là, ce n’est pas évident.

Récemment papa à un nouvel emploi. Il travaille vraiment BEAUCOUP. Ce n’est pas évident pour lui ni pour les enfants…. mais imaginez pour moi. Je me retrouve à aller porter les enfants le matin à la course et le soir, je me dépêche d’aller les chercher, d’aller à l’épicerie s’il le faut, de faire les commissions et ci et ça. Au début, je l’attendais le soir et allais faire mes commissions après son arrivée ou lui demandait de les faire en chemin. On se voyait encore moins le soir, et on était vraiment fatigué de courir partout.

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Il y a quelques semaines, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à la gang s’ils voulaient aller manger avec maman au resto. Oui oui, eux trois, petites bestioles turbulentes après une grosse journée au CPE, avec moi au restaurant.

Savez-vous quoi? Nous avons eu beaucoup de plaisir. J’étais capable, sûre que ça irait bien, ils ont bien fait ça, pour la première fois ces derniers temps, nous avons relaxé. J’ai compris qu’en ayant confiance en moi et en mes enfants, qu’ils soient tannants ou pas, ça irait bien. Arrêter de m’en faire pour un regard ou quoi que ce soit. Je ne peux pas m’empêcher de vivre, de sortir de ma maison avec mes enfants juste au cas où mes enfants ne feraient pas l’affaire de tout le monde présent. L’épicerie est encore assez rock n roll puisqu’ils marchent tous les trois et veulent plein de choses, mais en général je m’en sors pas mal. J’ai bon espoir que bientôt je pourrais autant vivre et découvrir qu’avant, mais avec mes trois mousses à côté de moi. Papa est le bienvenu évidemment, les choses sont toujours plus belles avec lui, mais je ne suis plus prisonnière de ma maternité. Partons à l’aventure!

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