À vous tous, dans la salle d’attente qui me jugez….

Aujourd’hui, comme bien des fois, j’étais à un rendez-vous avec mon fiston. Aujourd’hui, c’était pour l’ORL. Après près d’une demi-heure à attendre juste que la réceptionniste apparaisse dans le décor, ma patience avait déjà des limites assez frêles. Je l’ai vu dans le regard de mon fiston, aujourd’hui, ce n’était clairement pas une bonne journée pour le faire patienter si longtemps. Il commençait à grimacer, à gigoter, à être impatient. Il a commencé à me poser des questions, existentiel auquel je n’avais, malheureusement pour moi, et toute la salle d’attente, aucune réponse qui pouvait le satisfaire.

POURQUOI c’est SII long maman? On est trop en avance maman. MAMAN pourquoi c’est long?* répété au moins 100x.

Et là, malgré mes 50 interventions, explications douces, demande pour qu’il arrête, changement de sujet et j’en passe, malgré le fait que j’aille puisé ma patience jusqu’au plus profond de mes orteils, j’étais plus capable. J’étais déjà à bout à ce moment-là et je sentais le volcan monter à l’intérieur de mon fils, comme une bombe à retardement qu’on ne devrait pas brasser trop fort ou échapper, car elle risquait d’exploser à tout instant.

Boum. Le fils à terre, tout mou, bougonnent et marabout qui continu de critiqué et chialer. Maman est méchante, est pas belle, alouette.

boom bomb GIF by GIPHY Studios Originals

Et, tout comme vous à ce moment probablement, oui, j’ai senti l’épais jugement de la salle tout entière me tomber sur la tête.

Mais as-tu vu ça? Il a quel âge seigneur pour faire une crise à terre? Et elle ne fait rien? voyons moi je te dis le mien FERAIT JAMAIS ÇA!* ajouté tout jugement que j’ai pu oublier, dans le paragraphe juste au dessus.

Peut-être même que les gens ne me jugeaient pas moi directement en tant que mère, mais plutôt mon fils directement. Qu’il est mal élevé, as-tu vu comment il répond à sa mère? Il n’est pas normal cet enfant-là, c’est sur !

Ce beau supplice, où j’ai eu le goût de partir en pleurant 4 5 fois, à durée plus d’une heure trente. Oui oui. Aucune salle de jeu pour les enfants. Des rendez-vous de personnes âgées mélangés aux enfants. (Bref ça c’est un autre débat, mais je peux vous dire que je ne retournerais plus jamais à cet hôpital, d’ailleurs on m’a gentiment expliqué que j’y suis allé pour rien, que mon pédiatre n’a pas pris la condition de mon fils en cause, et qu’ils n’opèrent pas les enfants à besoins particuliers à cet hôpital donc oui tout ça pour rien) bref, même si ce n’était pas la premières fois que mon fils faisait des scènes en freestyle en publique, aujourd’hui ça m’a beaucoup affecté. Plus il vieillit, plus je vois le regard accusateur des gens, moins en moins de regards compatissent du genre ”on comprend, ça arrive, lâche pas”. Le gouffre qui le sépare des enfants normaux de son âge se creuse, causant tempête et ravage sur son passage. On nous avait dit qu’un jour ça stagnerait. Mais….

J’aimerais que les gens regardent ailleurs. Littéralement, ou juste dans leur coeur. Qu’ils réfléchissent un peu avant de juger, de parler, de pointer du doigt les mamans (et les papas!) qui semblent en arracher avec un de leurs enfants. Il me semble que déjà de ne pas avoir honte et d’avoir le regard des autres braqué sur nous, ça nous aiderait à passer ces moments pénibles lorsqu’ils arrivent. Qu’en pensez-vous?

2 comments

  1. Je n’ai pas pu laisser mon commentaire directement dans l’appli WordPress. L’option est probablement désactivée.
    J’au eu un enfant avec de multiples problèmes dont certains pouvaient s’apparenter à de l’autisme profond. Je l’ai toujours amené partout sans m’en faire avec les commentaires ou le jugement des gens. Cependant, les gens voyaient qu’il était handicapé. Ma situation n’était donc pas la même que la vôtre. S’occuper d’un enfant particulier, on doit laisser de côté le jugement des gens, même de ses proches, ses voisins, ses amis, sa famille. L’important c’est l’enfant et l’amour qu’on lui porte. J’ai appris à regarder les gens bien dans les yeux, peu importe leurs jugements. C’est fou comment ils sont incapables de soutenir un regard, car ils sentent qu’on leur rend leur médecine. Une autre façon de renverser la situation est de ne pas cacher la condition de l’enfant et de le dire en public. Les jugements se transforment alors souvent en compassion. Pas pour tous. Mais ceux qui restent croient que la Terre a été construite autour de leur nombril et ne méritent aucun effort de notre part.

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