Ma première rupture amicale

Je n’ai pas vécu de rupture souvent dans ma vie, encore moins quand il s’agit d’amitié. Oui, j’en ai perdu des amies au fil du temps, soit par choix, soit par chicane soit par… le temps tout simplement. Mais je n’ai jamais ressenti de gros ”bang” comme j’ai senti cette journée-là, en m’assoyant à côté d’elle, dans mon sous-sol.

1 an et demi plus tard

J’ai décidé d’en parler, un an et demi plus tard, parce que lorsque j’ai accouché ça m’a frappé comme un mur. J’aurais donné beaucoup pour voir son sourire passer la porte. Avoir son câlin et sa main sur mon épaule. Elle qui me dit que j’ai bien fait ça, qu’elle est belle ma fille. De sentir aussi que mon nouveau petit bout d’humain pourra elle aussi compter sur elle, comme sur une tante. Ce genre d’amie, je n’en avais jamais eu avant. Une amie que je considérais comme une sœur, une confidente, et qui me faisait connaitre une partie de moi même que je n’avais jamais vue.

le moment

Je m’en souviens comme si c’était hier. Je vivais les pires moments de ma vie, je venais de perdre un membre très propre de ma famille, je voyais mon couple s’essouffler et même se briser, mon travail ne me convenait vraiment plus, je ressentais de la pression de partout ; familiales, sociales, les spécialistes pour mon fils se faisaient insistantes pour les rendez-vous, les parents de mon service de garde étaient moins patients avec mes congés, bref, il me restait une seule chose qui marchait, c’était mon amitié avec elle. Cette journée-là, elle est descendue au sous-sol avec moi, c’est assis par terre. Je l’ai vu dans ses yeux qu’il y avait quelque chose. Comme elle avait toujours l’habitude d’être honnête avec moi (parfois même trop) elle me lança aussitôt ce qu’elle avait à me dire.

Elle déménageait. Paf, direct comme ça. Posting de l’armée. Sans que je l’aille vu venir, sans que je puisse m’y préparer. Je le savais que ce n’était pas de ça faute si je m’appuyais autant sur notre relation. Je savais à quel point retourner dans sa ville était important pour elle, je ne pouvais juste pas, être triste et déçu, j’étais contente pour elle, pour sa famille. Mais à ce moment là je vous le jure, j’ai eu le cœur complètement brisé en deux. Je me suis senti déchiré du cou au nombril, comme si l’on venait de m’éventrer. J’ai souvent réagi par colère à ce qui m’arrivait dans ma vie. Donc, mélange de colère et de peine, ça passe mieux. Cette fois-là, c’était seulement la peine qui m’envahissait, et ça faisait vraiment mal.

Après

Ça n’a jamais plus été pareil. J’ai fait des choix, elle est partie. Je m’en suis vite éloigné pour me convaincre que je n’en avais pas besoin. Elle n’était ni plus ni moins que toutes mes autres amies antérieures.

Seulement, un an et demi plus tard, j’y pense encore. J’ai encore un pincement, un mal-être qui ne part pas quand j’y pense. Elle a laissé un grand vide et honnêtement je ne savais même pas que c’était possible en amitié. Comme en amour, j’ai des doutes qu’un jour, quelqu’un remplira ce vide. J’ai l’impression que c’est une cicatrice que je traînerai maintenant avec moi à jamais et qui me fera me méfier de toutes les amitiés que je pourrais avoir.

 

 

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