Mes montagnes russes à moi

J’ai réfléchi à ce texte longtemps avant de le publier. Pas que j’avais honte ou quoi que ce soit. Mais quand tu finis enfin à sortir d’une dépression, sortir de la médication, tu es fière et pas à peu près. Ce que je n’avais vraiment pas prévu dans ma vie, c’était que cette dépression là, même finie, laisserait des traces à jamais sur mon corps, sur mon mental.

Les montages russes d’émotions

Les premières fois que j’ai dû faire face à des émotions fortes après avoir arrêté la médication, j’ai fait le saut. Tu sais, en tout les cas pour moi, la médication c’est une béquille qui a un pouvoir particulier d’engourdir un peu la douleur, mais aussi la joie. Bref, pratiquement toutes les émotions sont prises dans le jello, donc sont ben ben relaxe.

dance jello GIF
source giphy

Après l’arrêt

Donc, quand j’ai arrêté progressivement mes médicaments en octobre 2017 (j’ai arrêté complètement en décembre d’ailleurs) je me suis vite rendu compte que, tout ce que je vivais, stresse, peur, joie, mal, peine, bonheur et même désir était amplifié fois… mille au moins!

Pour le bonheur la joie et l’excitation je ne cacherais pas que ça faisait du bien. Chaque victoire ou chaque petit bonheur était démesure et extraordinaire. Mais watch out la démarque!

Les peines et les colères étaient épouvantables. Je me suis même demandé si j’étais vraiment prête à arrêter la médication. N’ayant plus aucun signe de ma dépression (manger mes émotions, angoisse énorme, paranoïa, colère bouillante, peur, envie de dormir toute la journée et de pleurer par le fais même) je me suis dit que c’était seulement le temps de se rajuster.

Un problème qui date de loin

Je suis une fille pas mal intense dans la vie, et ce, depuis toujours. Je me souviens que petite, ma mère ne pouvait même pas me dire où nous allions avant une activité. J’avais si mal au ventre, et je me sentais tellement mal si je savais! Je gérais déjà à l’époque très mal mes émotions. Avec beaucoup de recule et d’introspection, je me rends compte que les crises d’angoisse et de panique ont toujours fait parti de ma vie.

J’ai donc compris qu’au final, oui j’ai fait une grosse dépression. J’ai vraiment dû mettre un frein à mes activités pour finalement pouvoir m’en sortir. Avouer que ça n’allait vraiment pas, et prendre soin de moi. Mais aussi, que je suis une femme stressée, angoissé pour un rien, aussi. Que ma difficulté à gérer mes émotions serait toujours présente parce que ça fait partie de moi, et non d’un état. Mon début de grossesse a été puissant au niveau des hormones, et j’en ai pleuré un coup. Physiquement j’avais de grosses douleurs inconnues, qui m’a fait, vous vous en doutez, angoissé. Ma fatigue m’a fait littéralement perdre toute ma patience et ma bonne humeur. J’ai eu très très peur de replonger.

Aprendre …

Puis, j’ai respiré un bon coup. Avec l’aide de J-P, parce que je lui en parle beaucoup, j’ai appris à me comprendre, à me gérer autant que possible. J’ai trouvé des trucs pour me calmer. Je visualise beaucoup de beaux moments, quand je panique, et honnêtement ça aide beaucoup. J’ai trouvé un moment, un souvenir dans ma vie qui me fait du bien. Ce n’est pas le meilleur ni le plus beau, mais c’est celui-là qui me guérit tranquillement. Chaque fois que ma vision s’embrouille de nuage noir, que je sens l’angoisse me serrer la gorge, je reprends sur moi. Et je pense très fort à ce moment.

J’ai même une photo de ce dit moment, et je vous jure, il est très banal! C’est une journée à la piscine, avec Jake quand il avait 7 mois environ. Je me souviens du soleil sur ma peau, de ses grosses cuisses dodues assises sur moi. De son rire contagieux quand nous faisions les glissades depuis toute petite es d’eaux ensemble. C’est tout. J’en parle, et je sens la boule de chaleur m’envahir.

Ne pas banaliser. Jamais.

En cette journée de #bellcause je te demande de parler à un proche si ça ne va pas. Que se soit à cause de la fatigue, d’un stresse, d’une perte, bref n’importe quel inconfort parles-en. Tu mérites de l’aide, pour traverser tout ça je te le promets. Personne ne devrait depuis toute petite ivre des moments de peur, de peine ou d’angoisse seuls. Personne. Je l’ai fait trop longtemps. Trouve ton moment, chéri le, revis l’intensément et je te promets que ça brillera encore, même s’il pleut parfois.

2 comments

  1. franchement j’ai cru me lire, c’est presque flippant :). Je me souviens de cette période de “sevrage” après ma dépression post partum où tout était amplifié…je me suis souvent demandé si on avait pas stoppé trop tôt. ça va mieux, mais je reste quelqu’un de super sensible, ultra angoissé malgré TOUS les conseils appliqués. alors oui parfois on me dis “prends tu recul il faut tu te fais du mal”. Ouai ben je dis oui oui, mais au fond, c’est pas forcément si controlable que ça…

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.