Nos coeurs qui battent

J’ai mis mes doigts sur ton pouls
Mais je n’ai rien senti
Mit mon oreille à ton cou
Mais ton cœur est parti

Je me suis levé ce matin-là, pis je le savais tellement. Je ne savais pas quand ni comment, mais on s’était perdu, toi et moi quelque part en chemin. J’avais toujours fait partie de celles qui crient haut et fort, non, moi ma vie, mon couple, c’est mieux que ça.

Pourtant t’es vivante
Tu me racontes ta journée
En même temps t’es absente
Comme si tu t’étais dédoublée

J’avais quitté le navire, oui, moi même. J’avais sauté en bas volontairement. J’avais baissé les bras devant notre vie, devant notre couple. Tu semblais si loin si différent. Je me suis rendu compte qu’au fond, c’est aussi moi qui t’avais tué petit à petit. Ma vie était un semblant de ce que je voulais, je ne voyais plus le bout de rien, je me sentais constamment en chute libre, sans apercevoir les extrémités.

Si tu n’as plus pour moi
Que de l’amour automatique
Je vais te prendre dans mes bras
Tenter une réplique atomique

Je referai battre ton pouls, ton cœur
De nous en électrochoc
Tu sais le temps n’est qu’un menteur notre histoire est plus forte

Je me souviens de savoir. Je t’avais senti trop tard, filer entre mes doigts, comme du sable. Ça coulais de partout, plus aucune façon de te retenir. Je n’avais, de toute façon aucune bonne raison de te retenir. Tu m’as proposé de tout lâcher, de tout quitter. Partir loin de chez nous, loin de tout. Seulement nous, les enfants. Nous donner une chance de recommencer à zéro. Mais, au fond, je n’avais vraiment pas envie. Quand je te regardais, nous regardait, je ne voyais pas comment on pourrait s’en sortir. Comment je pourrais m’en sortir.

J’ai d’l’amour en peinture de guerre
Je peux te faire m’aimer encore
Viens partons là où y a de l’air
Loin de cette vie corridor

Et j’ai encore tant à t’offrir
J’ai même du présent plein Ies poches
J’ai deux billets pour l’avenir
Soyons ceux que le temps rapproche

On a fait garder les enfants, un soir. On a soupé ensemble, au resto, j’ai même pris la peine de me préparer. J’y ai cru, un instant qu’on pourrait peut-être s’en sortir. Je respirais à peine la tête hors de l’eau dans mon moi-même. Je ne savais pas comment me sauver, mais aussi te sauver avec moi.

Puis, ç’a explosé. J’ai explosé. Le soir même, je savais. C’était fini, tout simplement. C’était ta faute, t’avais cloué toi même le cercueil. Mais, c’est moi qui l’avait fabriqué ce cercueil-là. Et je t’avais encouragé à sauté au fond du trou. On ne pouvait pas passer par-dessus tout, je ne pouvais pas. J’ai dormi ailleurs que dans notre lit, j’ai pleuré des heures dans mon bain. Le lendemain je partais de la maison, nos trois enfants avec moi, et je ne comptais pas revenir.

Je suis partie 11 jours. 11 jours à ne pas se voir ni se parler. On s’écrivait, je passais toute ma colère par mes messages. Je ne pouvais juste pas, ne pas te parler. Depuis 8 ans, tu faisais partie de ma vie, chaque jour. Tu étais mon meilleur ami, mon confident.

Au bout de 11 jours, j’ai continué sur l’autoroute. J’ai manqué ma sortie. Je le savais. Je ne pouvais juste plus nagé à contre courant pour faire plaisir aux autres. J’avais besoin de toi, j’avais besoin de nous. Pourquoi me battre, au fond?

Je sais la vie a les dents longues
Elle nous a bien mordu la peau
Et le quotidien comme une ombre
Voudrait qu’on s’aime comme des robots, mais je sais que l’amour peut renaître
Si tu sors ton cœur de ta tête

Je t’ai vu, tu m’as regardé. C’était comme si on ne se connaissait plus. Tellement de douleur entre deux personnes, tellement de peine. On s’est parlé, on a pleuré. Plusieurs heures, la nuit au complet pratiquement.

Et puis un jour c’est arrivé
Comme si on avait rendez-vous
T’as dit : « Mon cœur va exploser
Je crois qu’il se souvient de nous

Puis tu t’es jetée dans mes bras
Fini le temps des automates
On tiendra bon, on retrouvera
Le tempo de nos cœurs qui battent

Je l’ai vu dans tes yeux. Je me fou éperdument des autres et de leur opinion. De ce qu’ils disent sur moi. Sur toi. Sur nous. Je l’ai vu. Cette étincelle que je n’avais pas vue depuis longtemps. Est-ce que ce sera parfait? Clairement pas. Est-ce que ce sera mieux? Assurément. Est-ce qu’on se retrouvera, autant qu’avant?

Non, mieux encore.

 

Alexandre Poulin, nos cœurs qui battent

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *